mardi 22 mai 2007

Que dire?



Il y a des jours quand je ne sais pas que dire, d'autre fois, j'ai au moins trois sujets en tête: il faut choisir. Les accumuler toutes, dans une seule note ou écrire plusieurs par jour (autrefois je le faisais) ne va pas. Ne va plus.

Il reste un sujet qui saute au-dessus des autres, peut-être à cause de ces deux photos que j'ai pris hier à la cimetière Père Lachaise. Combien j'ai hésité d'y aller. Non seulement j'aime pas spécialement les cimetières, mais la dernière fois que j'y étais avec quelqu'un voulant visiter le tombe d'un chanteur culte, je n'ai pas aimé le lieu non plus.

Cette fois, c'était très différent.

Nous sommes montées du dos, côté 20e arrondissement.
Des marches et des marches. Je les ai monté sans problèmes puisqu'ils m'attiraient. Tout en haut trois ouvriers s'affairaient après avoir mis en morceau un arbre qui n'a pas résisté à l'orage.

Ensuite, les tombes en souvenir des déportés que l'ouragan nazis a emporté. Bien sûr, en France on s'en souvient de ceux emportés d'ici, citoyens français ou étrangers travaillant en France qu'on avait jadis livré sans état d'âme parait-il. Il y eu beaucoup.

Mon amie Stéphanie et toute sa famille vivait a Paris depuis longtemps, il était tapissier, elle l'aidait. Ils n'avaient pas eu assez d'argent pour les frais que devenir citoyen français comportait alors. Un voisin est venu les avertir: "demain matin on vient vous emporter".

Le lendemain, ils n'étaient plus là, près de marché Maubeuge, ils sont partis, sans vraiment savoir où vont-ils trouver un coin pour ce cacher. Un prêtre protestant les a finalement accueilli, mais en demandant en contrepartie qu'ils travaillent pour lui, pour la résistance.

Alors, elle a transporté des armes tout en étant enceinte et tremblant de peur. 'Jamais je n'avais pas eu si peur: après un coin, j'ai tombé souvent sur deux officiers allemands' me raconta-t-elle. Peut-être, à cause de cette rencontre que mon fils, alors dans mon ventre, devint nerveux.

Stéphanie n'est plus, ma cousine non plus que je pleure depuis 62 ans. J'ai mis un petite caillou en souvenir de ceux qui ont été emporté et n'en sont pas revenus, que cela soit de la France ou Hongrie. Et la fleur me parait comme une flamme de souvenir à jamais oublier, que leur souvenirs reste en nous.

Je vais essayer un jour, raconter de ma cousine emporté alors qu'elle n'avait pas encore dix ans, que j'ai attendu et attendu et espérais si longtemps qu'elle au moins reviendrait. Plus que notre amitié, plus que les jours passés ensemble au banc d'école pendant trois ans, plus que les après-midis de jeux et querelles, dans moi est restée l'espoir déçu, que j'ai porté en moi de dix à quatorze ans.

Ensuite, je n'espérais plus. J'avais enfin compris qu'elle ne reviendrait pas. Ensuite, je me suis imaginée (et je l'ai décrit quelque part) comment c'était passé la route vers la chambre de gaz. Et même là. Je n'ai jamais vu aucun d'autre, seulement elle et sa mère lui tenant fortement la main. Reste sage et près de moi, a dû lui dire même là.

Je n'étais pas la seule à m'en souvenir. De Paris, mais même de l'Amérique, certaines sont venus devant les mémorials des divers camps de concentration pour déposer un cailloux et sont souvenus.

Paris 20e arrondissement-097

Paris 20e arrondissement-090

Non, je n'étais pas seule hier.

6 commentaires:

  1. et le souvenir peut avoir lieu dans d'autres cadres. Très belles tes photos - et me plait de retrouver le Père Lachaise (mais pour moi ce n'était pas d'abord un lieu de recueillement mais le jardin où me promener)

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  2. mais tu n'es que rarement seule Julie et c'est bien grâce à ton sens de l'ouverture !
    Je suis souvent allée au Père Lachaise lors de mes voyages à Paris et j'ai apprécié la promenade même si les cimetières ne m'attirent pas spécialement !
    Bonne journée Julie

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  3. heure-bleuemai 22, 2007

    Tu sais capturer les âmes en prenant des photos, tu as un caractère vif mais tellement d'humanité...

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  4. bérangèremai 22, 2007

    oui tellemnt d'humanité...bonne journée Julie !

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  5. on peut se promener sous les arbres, dans un cimitière, quand il fait chaud surtout, mais je préfère la rue où je rencontre encore plus des gens, ou des souvenirs ne me prennent pas à la gorge, où je trouve des autres me sourire,

    je comprends aussi ceux qui préfèrent la solitude de Père la Chaise et n'ayant pas un jardin y trouver des fleurs

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  6. Joli texte, même s'il est tellement triste. J'aime aussi beaucoup le Père Lachaise.

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