samedi 4 mars 2006

J'aurais pu être belle...

J'aurais pu être belle, disent certaines de mes anciennes photos. Je suis "photogénique" paraissant mieux dans les images que devant un miroir.

Mon visage a un ovale parfait, d'après la mère de ma meilleure amie. Mes yeux noisette sont expressifs et quand ils caressent ou rayonnent... En plus, longtemps j'avais eu une taille mince, des épaules droites et des fort belles seines, ni trop petits ni trop lourdes. Jadis, entendons-nous.

J'aurais pu être belle, si... mon nez ne sera pas trop long en proportion du visage, si mes hanches arrondis n'auraient pas été démodés en nos temps. J'aurais pu être belle surtout en changeant du peau.

Avoir un peau de porcelaine d'une blonde ou le peau doré d'une asiatique ou lisse d'une noire! Des cheveux bouclés de maman, des cheveux abondants de ma cousine. Des yeux bleus de... alors...

Mais non.

Mes cheuveux était toujours trop fins, mes nattes d'enfant se réduisaient presque à des ficelles et plus tard, juste une permanent lui donnait quelque volume. J'aurais pu être belle, malgré tout, bon, pas belle mais au moins pas mal si je n'avais pas eu la peau d'une rousse et des taches de rousseur un peu partout, et non seulement sur mon visage.

Dans les romans on parle de peau de porcelaine, personnellement, j'avais envie de ceux bronzés avec un peu de miel ou de caramel, mais le soleil que j'ai toujours aimé ne m'a jamais rendu la pareil. Au lieu de bronzer, mon peau devenait vite tout rouge et les taches de rougeur plus apparents encore.

J'enviais ceux avec yeux bleus, ceux avec cheuveux bouclés naturellement, ceux avec cheuveux épaisse, ceux avec peau bronzé, avec hanches étroits, avec nez plus petit, avec... en me disant: j'aurais pu... si...

Je me disais "je suis trop maigre (maintenant, trop ronde), mon nez est pointu, mes cheveux trop fins, mes doits trop courts, mon pied trop grand, mon dos pas assez droit." Mais... de face, mon nez n'était pas si mal, je cachais mes hanches sous une jupe large, les cheveux soignés ça allait, mes doigts manicurés dans ma jeunesse aussi, je faisais attention à ne pas bruler... trop.

J'aurais pu être belle... au moins comme, comme, comme qui?

Alina des hanches étroits mais des seins trop forts? Vera des yeux bleus mais trop ronde? Marthe trop petite? Comme qui alors? Comme "les autres" je me disais.

J'aurais voulu surtout avoir une peau différente.

Peut-on jamais entrer dans la peau d'un autre? Voudrions-nous, en y réfléchissant bien? Non. Alina avait une mère impossible. Vera une mère trop pédante. Marthe une passé trop lourd et un coeur fragile. Non, je ne voulais pas entrer dans le peau d'une autre, je voulais changer de peau, la mienne.

Et j'ai fait trop des fois des rayons ultraviolets qui m'ont tout à fait abimé le peau de mon front.

How am I?Pour résumer tout ce beau discours, j'aurais pu être belle, mais à chaque fois quelqu'un ou mon miroir me disait "ouai, mais..."

Puis, l'été dernière, en me réconduisant vers l'aéroport, la sagesse de ma fille me rassura: "oh, maman, nous croyons que tous les autres nous regardent, mais ils ne voient pas les détails, chacun trop occupés chacun de s'étudier soi. " Depuis lors, mon apparence me pèsent moins et je ne me dis plus "j'aurais pu..."
photo prise à Paris 18e en juillet 2005, "elle aussi, préoccupé par soi"

vendredi 3 mars 2006

Helena sait ce qu'elle veut


et ose à lutter pour l'obtenir, malgré ce que la famille dit, tout comme sa soeur avait fait.

Elles ont le courage, du force. Leur grand mère (ci-dessous) peut en être fière, même si elle n'approuve pas toute qu'elle veut et fait. J'ai admiré sa volonté et sa force. Elle a de "backbone" (cran) nécessaire à la vie.

Une femme forte


La grand-mère de Helene est la mère du Dan ayant joué une rôle dans ma vie. Elle m'a expliqué à Stutgart beaucoup des choses sur elle même, sa famille et comment elle voyait, maintenant, ce qui était arrivé.

Je me suis toujours bien entendu avec elle, mais j'évitais ses fils, chacun pour une autre motif, et nous ne nous sommes pas rencontrés souvent.

Je me suis très bien sentie chez elle, décembre dernière à Stuttgart mais je suis revenue avec une perception différent de certains évenements passés, lointains. Elle n'a pas voulu écouter les lettres apportés avec moi, retrouvés trente ans après.

C'est aussi une de ces femmes ayant résisté et survécu à beaucoup des difficultés. "Mon mari me gâtait tellement, qu'on disait que je croulerai après son mort. Mais, me voilà, dizaines d'années plus tard. Je vis, et je vis bien. Sauf mes yeux, je vois de moins en moins bien depuis deux ans." Elle vit pas loin de son fils, petit enfants et arrière petit enfant, entouré de pleins des petits souvenirs chers pour elle.

Le passé change

Les faits de passé ne changent pas, c'est notre perception de ce qui c'était passé et pourquoi c'était arrivé qui est modifié. Comme nous voyons presque tout à travers nos perceptions, nous avons l'impression que c'est le passé qui n'est plus le même. Le voyant sous une autre lumière.

Hier, j'ai écrit une note, en mettant côte à côte la vase de maman qui m'avait tant aimé et la lettre retrouvée trente ans plus tard. Aujourd'hui, je publie dans mon journal-blog une longue lettre tragique de Danielle. En quoi tout cela est lié?

J'ai eu de chance avec mes parents, l'amour de maman et l'exemple de résistance et perséverance de papa, et le sort qui ne m'avait pas trop gâté, mes gênes aussi peut-être, ont contribué à me donner une force à plier me ne pas se casser. Une force à se redresser et aller au devant après chaque coup. Autant que j'ai du chagrin, je ne panique pas ou pas longtemps, j'ai du chagrin comme chacun de nous, je suis désorienté aussi plus ou moins longtemps, mais ensuite, je me secoue et je repars.

Danielle, n'a pas eu, apparaiment cette chance et n'a pas eu en elle assez de force à résister à ce qu'il lui arrivait. Elle a pris des décisions en état de panique, en essayant de s'enfuire devant ses responsabilités au lieu de les assumer, essayant de se donner plutôt la mort que de supporter la réprobation de sa famille qu'elle voyait déjà devant ses yeux. Puis, quand après des jours et jours elle est revenue au monde, elle a craqué de nouveau et s'est décidé de se marier avec quelqu'un qu'elle n'aimait plus, surtout "pour que la famille n'apprend pas" qu'elle aimait, avait aimé, un autre. (Mon mari, le cousin de la mère de son fiancé).

En découvrant ses lettres, trente ans plus tard, j'étais chagrinée, pour elle et pour moi, j'étais choquée et... j'ai cherché à apprendre ce qui lui était arrivé ensuite. J'ai dû attendre deux ans ou trois avant d'apprendre.

Finalement, c'était en décembre dernière lors ma visite à Stuttgart (à la cousine de mon ancien mari, Sandou) qu'on me l'avait raconté la suite. Daniella s'était marié (oh, que cela m'a fait encore du chagrin de la voir dans son robe de marié, si belle et resplandissante). Mis deux ans plus tard, tout était révèlé à la famille: mon beau-frère reprochant à sa cousine (ce que je n'avais pas fait) qu'à cause de Danielle notre famille s'était dissous. Les sacrifices de Danielle ont était en vain. On a obligé son mari à divorcer d'elle. Au lieu de mettre la faute sur Sandou tellement plus âgé qu'elle! Il avait 42, elle même pas 18! J'ai aussi appris qu'elle était morte, jeune, avant avoir atteint ses quarente ans.

Il nous faut de confiance en nous mêmes et de force de caractère pour résister au coups, que de tout façon nous recevons tous de la vie à un moment donné. Tenir la tête haut, n'importe quoi nous arrive, ou au moins, le redresser rapidement. Tourner la page. Savoir que quelque chose de mieux nous attend après le coin. Que de tout chagrin (presque) quelque chose de bon va sortir, comme disait mon arrière grand-mère.

Hélas, je ne vois pas aujourd'hui quoi de bon est sorti pour Danielle de tout ce qui lui était arrivé si jeune, Danielle que je haïssais longtemps pour avoir détourné mon mari. Je sais par contre que pour moi, sans que je sache encore à l'époque, une grande liberté en est sortie. Et aussi une vie très intéressant et riche.

jeudi 2 mars 2006

Les souvenirs


Pourquoi on oublie pleines des choses qui se passent dans notre vie et d'autres, nous marquent pour toujours?

Il y a des bons et des mauvais souvenirs, l'importante pour qu'ils restent en nous est qu'ils soient forts.

Cette vase était au table de chevet de maman depuis que je m'en souviens. Maintenant, c'est en face de moi quand je me réveille et toujours, elle me rappelle elle et aussi mon enfance, ma jeunesse. Pleine des bounne souvenirs, c'est un peu comme une racine.

"Un petit rien" faisant chaud au coeur.

La lettre que je viens de publier dans mon blog journal ce matin, par contre fait partie des chagrins, mauvais souvenirs, même si cela m'a aidé, trente ans plus tard que c'était écrit, à comprendre "l'autre côté", les pourquoi de ma vie. Mon coeur en la découvrant, le traduisant et maintenant encore, à la publiant, est remplie de chagrin et tristesse.

Non seulement pour moi, pour cette moi "vieille de 41 ans relative à une fille de 17 ans" et regardé comme tel par mon mari amoureux de cette jeune, mais aussi pour cette jeune fille, disons plutôt femme déjà, rempli des rêves et d'espoirs.

Malgré le fait que Sandou est bien allé à sa demande en Roumanie la voir, en nous laissant près de Lac de Garde pour dix jours et sans voiture, en me faisant l'attendre jour à jour (il avait dit rester cinq), les amoureux (maudits?) finalement n'ont pu s'unir. Je me demande encore d'ailleurs, malgré tout qu'il ressentait pour elle si lui aurait voulu quitter sa famille.

J'étais plus heureuse dans la vie finalement qu'elle, et depuis que j'ai lu et traduit ses lettres, au lieu du fureur je sens plutôt la pitié. Mais mon chagrin à moi reste malgré tout profondément ancré.

Je sais, je sais, ma vie est devenu plus riche, plus libre, meilleure à cause... après... mais le souvenir du chagrin ressenti reste, très profond.

Oublions, les chagrins.

Il y a plus de l'eau dans la verre: plus de moitié est pleine! Regardons et rappellons-nous de maman qui m'adorait et qui m'a donné tellement de l'amour et de la vase qui me le fait rappeller et de tous les bons moments (j'en ai eu) que Sandou m'a donné et des deux merveilleux enfants que j'ai de lui.

La verre n'est pas vide à moitié, elle est à moitié pleine! Mon café de matin s'est encore refroidi... par contre.

mercredi 1 mars 2006

La vie change sans cesse

Hier après-midi, les perce-neiges devant ma fenêtre en plein soleil. Il a neigé cette nuit et les fleurs ont été presque toutes récouverts de la neige, mais l'après-midi, de nouveau, les perce neiges réapparaissent, il ne reste plus qu'un peu de neige autour d'elles.

Perce neige hier-2Recouverts de neige

Elles sont résistantes, la plupart de temps, nous aussi, survivons en situations difficiles, même si pendant un temps c'est très dur.

perce neige after 24h-3

De la bouche des enfants


Hier, après avoir pris mes enfants de l'école, et rentré, je demande:

- Que pensez-vous, de ma nouvelle coiffure?

Gabrielle était trop préoccuppé pour regarder, elle dit "ça va" et descend l'escalier intérieur de leur maison.

David me regard, son visage s'illumine.

- C'est chouette mamie, j'aime!

Comme ses yeux peuvent de rechauffer d'un coup! et me rechauffer, moi aussi.

Puis, il ajoute, pour expliquer:
- C'est drôle!